Evénement punk attitude : double dédicace jeudi 05/06 à partir de 18h – David Snug & Jérémy Le Corvaisier

DAVID SNUG
http://davidsnugblog.wordpress.com/

Je m’appelle David Snug, mais ce n’est pas mon vrai nom. C’est un pseudonyme pour faire américain. Durant mon temps libre, j’aime bien faire de la musique et de la BD. Je joue de la guitalélé, de la guitare et de la batterie dans plusieurs groupes (Top montagne, Snugtrio, Quetzalli). Comme je suis ultra underground – et que de toute façon, aucun professionnel ne voudrait de moi -, je m’occupe d’un net label qui s’appelle Les Diks Qui Sautent. Bref, tout ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour dessiner. Heureusement, j’ai découvert un truc super pratique, grâce auquel je peux dessiner dans le train de banlieue qui m’emmène au boulot : c’est le cahier à petits carreaux, idéal pour faire de beaux traits droits ! Depuis, je dessine comme un ouf malade une heure par jour ouvrable. J’ai passé un bac d’art appliqué, mais je ne veux pas dessiner des grille-pain design pour intérieurs minimalistes. Ensuite, j’ai fait un DEUG d’art plastique, mais les joints de drogue me rendent tout violet, ce qui ne se marie pas très bien avec mes cheveux roux. Enfin, j’ai fait une licence de cinéma, mais les cours avaient lieu le matin. J’ai donc arrêté les études pour entrer dans la vie active, fort de tous ces diplômes en poche m’ouvrant grand les portes de l’intérim à la chaîne en usine. A cette époque, je passais mon peu de temps libre à monter ou à participer à des fanzines, comme La naissance du Rebessin, Sonar puis Playcat. Maintenant, je travaille en banlieue et je vis à Paris. Je préfère ça que l’inverse.

JEREMY LE CORVAISIER

Fastermarket
Jérémy Le Corvaisier
http://jeremylecorvaisier.bitumas.com/
Editions Les Enfants Rouges
http://www.enfantsrouges.com/
23€50

Né à Saint-Brieuc en 1981, Jérémy Le Corvaisier obtient quelques années plus tard un BAC Arts Appliqués à Tréguier, passe par les Beaux Arts de Rennes puis par un BTS stylisme de mode à Nîmes où il fait tout sauf de la mode. A la recherche d’un projet professionnel audacieux, Jérémy se lance dans la broderie de coussins, persuadé que son idée lui rapportera beaucoup d’argent. Certains de ses modèles sont édités par Pépin Le Malin. Malgré cela, son niveau de vie reste médiocre. Jérémy s’engage ensuite dans la vidéo, filme tout et n’importe quoi, puis affine progressivement ses scénarios et compose ses propres bandes sons. Il accouche ainsi d’une vingtaine de courts et d’un moyen-métrage intitulé « 1979-2019 ». Parallèlement, il collabore avec la compagnie de théâtre Le Joli Collectif pour laquelle il réalise des captations de pièces, des bandes annonces et des photos. En dépit de ses efforts, Jérémy ne peut toujours pas mettre un euro sur son PEL et doit trouver un travail qui rapporte. Ambitieux, il suit une formation d’hôte de caisse à la CCI de Lyon. Le diplôme en poche, il enchaîne les postes dans tout les types de supermarchés (cash and carry, spécialiste du surgelé, cinéma multiplex…) Plein aux as, Jérémy s’enfuit un temps au Canada pour finalement revenir s’échouer dans sa ville natale. Fatigué de tout, il décide de reprendre les fondamentaux et s’attelle au dessin. Il produit de façon frénétique et rapidement coopère avec le magazine Les Inrockuptibles pour qui il illustre plusieurs articles. Désireux d’un retour à la narration, Jérémy s’inspire de ses expériences dans la grande distribution pour réaliser sa première bande dessinée FASTERMARKET. Aujourd’hui Jérémy vit et travaille à Rennes.

Des femmes sont assassinées à la sortie du Fastermarket ; qui peut bien commettre ces atrocités ? Une enquête pour 2 flics blasés, Frédoche et son chef qui vont devoir interroger la faune locale ; caissier, directeur du magasin, chef de rayon, vigile… Première constatation ; les crimes ne les affectent pas le moins du monde. Deuxième constatation : tous développent de fortes déviances laissant penser qu’elles pourraient les faire passer à l’acte. Etrange ? Pas tant que ça quand on sait que Fastermarket assassine les prix !
Tous en taule ? Non, car tout cela serait un peu trop simple ; le flic en chef navigant au bord de la dépression sait qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Tiraillé entre son devoir de bon policier (résoudre les enquêtes criminelles) qui l’immerge dans un quotidien on ne peut plus sordide et sa survie psychologique, il a développé une sorte de résilience à sa névrose ; se servir de son enquête, de son quotidien pour ENFIN gagner le concours de poésie de la police. Trouver le coupable revient à élaborer le poème suprême ; il s’agit donc de ne pas se tromper d’individus sans quoi la poésie tomberait à l’eau.

On attaque la lecture en lisant un polar déjanté, corrosif au goût nord américain anti hollywoodien (Simpsons, South Park, Chris Ware…) pour le refermer sur un véritable poème. Répétitions de couleurs, recherche de rimes par le flic en chef, publicité de la grande distribution transformée en champ lexical poétique. Ne vous y trompez pas, absolument rien n’est laissé au hasard dans ce très beau premier ouvrage (format à l’italienne) de Jérémy Le Corvaisier. Un OVNI incroyablement drôle et intelligent ! A noter d’une croix blanche

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