Coup de coeur : Brooklyn Quesadillas d’Antony Huchette aux éditions Cornélius

Pour plus d’informations :

http://antonyhuchette.tumblr.com/
http://www.cornelius.fr/

Dans cette véritable odyssée moderne, Huchette évoque avec poésie et humour la crise existentielle provoquée par la paternité. C’est d’abord une plongée dans le quotidien de Joseph, réalisateur d’un talk-show animalier récemment débarqué à Brooklyn. Rythmée par son émission, sa vie se dévoile par petites touches, à travers ses déambulations dans la ville, ses journées de travail au café Madeline, et les moments de bonheur avec son fils. Puis, peu à peu, surgissent les angoisses qui le traversent et qu’il ne sait comment surmonter. Les difficultés financières liées à sa vie d’artiste, la peur de vivre une vie déjà toute tracée. C’est alors que tout bascule. Joseph se retrouve entraîné dans un univers hors du temps, où tout est possible. Les sirènes de Governor’s Island, actrices des années 80-90 tombées dans l’oubli, lui font miroiter l’opportunité de vivre éternellement une jeunesse sans responsabilités. Ce n’est qu’au terme de ce voyage initiatique, parsemé de rencontres toutes plus surréalistes les unes que les autres, qu’il pourra définitivement accepter la stabilité du monde adulte, dans un dernier adieu à l’adolescent qu’il a été et qu’il ne pourra plus être. Nourri de références graphiques et cinématographiques, comme autant de clins d’œil à la nostalgie d’un passé révolu, ce récit aborde avec légèreté cette angoisse universelle qui nous saisit face au temps qui passe.

De Sauvés par le gong à Parker Lewis ne perd jamais en passant par le Cosby show, Antony Huchette grandit au rythme des séries américaines qui nourrissent ses fantasmes d’adolescent. Et quand il n’est pas devant son poste de télévision, il exerce ses talents de dessinateur le long des voies ferrées. À vingt ans, bien décidé à conquérir la vie, il quitte sa petite ville située aux environs de Lille et monte à Paris. Tout en traînant chez les disquaires, il étudie l’animation aux Arts Déco, ce qui le conduira à travailler sur le film Peur(s) du noir. Après plusieurs séjours en Afrique, il s’attelle à La marée haute, le récit d’une passion amoureuse oscillant entre rêve et réalité publiée en 2008 par Six pieds sous terre (http://www.pastis.org/jade/). Il poursuit ensuite son petit bonhomme de chemin, alternant dessins pour Charlie Hebdo et réalisation de films expérimentaux mêlant animation et prises de vue réelles. En parallèle, il auto-édite Love machine, un road-movie animalier mettant en scène son alter-ego, Poly, dans un univers onirique. Glanant ses influences dans les bandes dessinées – notamment Carl Barks ou Jijé –, la musique et le cinéma, chacune de ses œuvres est un subtil croisement entre la réalité qui l’entoure et la fiction qui l’habite. Et Brooklyn Quesadillas, autobiographie fictive évoquant son installation récente à Brooklyn avec sa femme et son fils, n’échappe pas à la règle.

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